Tant que c'est encore frais!!! 

Avant d’attaquer le compte rendu, je voudrais remercier tous les Dauphins qui m’ont encouragé, conseillé, soutenu et répondu à mes très nombreuses questions ces 8 derniers mois  
Et bien sûr Arnaud pour son Plan Lanza qui aura amené 2 Dauphins de plus au bout d’un IronMan  
Arnaud qui avait écris ma course il y a quelques mois en m’annonçant quasiment ma moyenne vélo et mon temps final, il connaît le tri le bougre!!!    

Après avoir fini mon premier Half le jour de mes 40 ans à Guidel, l’étape suivante était de boucler mon premier Ironman dans l’année. 

Ne pouvant aller à Vitoria pour cause de soldes, mon choix s’est porté sur le French Man, pas trop loin mais dépaysant quand même, Pierre et Xav me vantent la qualité de l’orga et l’ambiance. Le parcours vélo est plat ce qui me va bien vu que c’est mon point faible. Après il va falloir s’entraîner en hiver dans des conditions pas forcément facile  

Finalement j’ai de la chance et l’hiver est bien plus clément que le précédent, je suis le plan d’Arnaud à la lettre et la prépa se passe vraiment bien. Je vois la progression en vélo et lors d’une sortie du dimanche prolongée avec Arnaud il me dit qu’il me voit faire 32 de moyenne. Je me dis qu’il est sympa mais que si j’arrive à faire 6h en vélo je serais déjà heureux. Je me base sur l’objectif de Xav, on a un niveau d’ensemble similaire, 12h30 ça me semble raisonnable avec l’idée de passer sous les 12h si tout se passe bien, comme lui l'année dernière. 

Arrive le We de la course… 

Après 6 mois à y penser beaucoup voire énormément, enfin me voilà à Hourtin. Arrivé en milieu d’après-midi le jeudi, je commence par aller tâter l’eau du lac, elle bonne et claire ça va être sympa à nager, par contre l’autre rive parait vraiment loin et il va bien falloir le traverser 2 jour plus tard pourtant. Retrouvailles avec Bruno en fin d’après-midi pour le retrait des dossards. On discute de la météo qui s’annonce torride et donc qui risque de rendre le marathon encore plus difficile. Petit flip pour Bruno quand il entend dire que la natation fait plutôt 4000m que 3800. Rumeur démentie formellement par l’organisateur lors du briefing (et pourtant vérifié par tout le monde lors de la course). 

Je tombe sur Fabien et Sylvain dans le parc à vélo lors du dépôt du matériel. Petit étonnement quand on se rend compte qu’ils sont tous les 3 côte à côte alors que je suis à un autre endroit. On m’a donné le dossard 43, ce qui me va bien puisque mon rack se trouve immédiatement face à la sortie de l’eau, pas de risque de se tromper et pas de temps perdu au milieu des racks, tout est bon à prendre  

Le vendredi matin petit roulage avec Bruno, il est déjà en mode course et nous fait faire une pointe à 38 pour doubler 2 triathlètes qui roulent pépère dans une ligne droite. On enchaîne par un footing où je dois calmer ses ardeurs quand il monte à 4.45 au kilo. Il est au taquet l’animal !!!! 

Le samedi enfin c’est le grand jour, lever à 3h30, j’engloutis mon petit dèj de course : 2 crêpes confitures, 2 bananes et 2 compotes, jusque-là je connais  

7h03, c’est parti pour la nat, on doit traverser le lac, il y a des grosses bouées tous les 200m environ c’est bien foutu, facile à repérer. Objectif : trouver les bonnes jambes, selon Arnaud : « tu essayes de doubler un mec si tu n’y arrives pas c’est le bon tu te cales derrière ». J’en trouve un tout pareil. Je check la montre au kilomètre on est en 1'43 au 100, je vise 1h15 et 2' au cent je suis bien. L’orga à bien fait les choses et mis des bouées rouges pour signaler la mi-course, un coup d’œil à la montre, 1'45, mon poisson pilote fatigue, il est temps d’en trouver un plus gaillard. Je repère un ancien qui suit les bouées au plus près et qui a l’air de bien avancer, hop dans les pieds. Aux 3 km re-check, c’est bon on est à 1.45, je respire tranquillement tous les 4 temps, nickel. Là je vois un mec qui va un peu plus vite que nous, changement de pieds, au final je sors de l’eau en 1h10 avec 4000 à la montre, 1.45 au cent, j’ai la banane à la transi    

Je chope mon sac, le rack est bien plein, je dois pas être mal, petit tartinage par une bénévole, je sors du parc en moins de 1h15, 5 minutes d’avance sur mon prévi, j’attaque le vélo bien motivé. 

Vu les machines de guerre qui peuplaient le parc à vélo je sais que je vais me faire bouffer par un paquet de mecs. Je pars tranquille, le ciel est voilé, pas de vent, pas trop chaud, c’est cool les conditions s’annoncent top finalement. J’ai les cuisses dures au début, mais je sais que je me sentirais bien après 50 km comme tous les dimanches. On attaque par une longue ligne droite de 18km, j’entends venir de loin les avions avec leurs roues pleines, je croise Fabien qui est dans les premiers, puis Sylvain. Après le demi-tour je vois Bruno pas si loin, je me dis qu’il a du faire une bonne nat, merde il va me rattraper encore plus vite que prévu  

Sur la fin du tour on se croise de nouveau, Fabien a 5 ou 6 mecs qui lui sucent la roue, et je suis étonné de ne pas être trop loin de Sylvain, je fais un petit pointage par rapport à Bruno, j’ai 5km d’avance, aux alentours de 9 minutes. Au deuxième demi-tour je croise un arbitre qui fait un signe à son pilote, et quand je fais tourne, je me rend compte que j'ai 10 mecs aux basques bien groupés, l'arbitre arrive l’œil noir et cartonne sévère. 
Je boucle le premier tour à 32.7 de moyenne, sans avoir l’impression d’en mettre trop, je me sens bien sur le vélo, je décide de continuer comme ça. 

Par contre on s'est fait enfumé par l'organisation, il devait y avoir 100m de D+ par tour en vélo, et donc 300 au total, en fait c'est 100m en tout, l'arnaque  

Je bois et je mange dès que la montre bip, tous les 5 kilomètres, 1 bidon par heure, bien respecter la routine prévue. 

Le deuxième tour commence avec un changement notable, le vent s’est levé et on l’a de face dans la ligne droite, je monte à gauche pour ne pas pousser trop, la moyenne baisse, normal ! je suis à 32,2 au demi-tour. L'écart avec Sylvain et Bruno est stable, surprenant !!! avec le vent dans le dos c'est plus facile, on est facilement a 34 – 35, la moyenne remonte je fini le deuxième tour presque dans le même temps que le premier avec un arrêt pipi, je me suis beaucoup moins fait doubler, les jambes répondent, tous les voyants sont au vert  

C'est reparti pour 18 km de vent dans le pif, je gère face au vent, je commence à reprendre du monde, en vélo c'est totalement inattendu, je suis sur une base à 5h30, je me pince pour y croire. Au final je descend du vélo en 5h31, 32,6 de moyenne, surréaliste !!!(bien vu Arnaud), je fais les 3 tours quasiment à la même allure : 1h48, 1h50, 1h53, et je ne perd pas beaucoup de places. Sur la fin je me fais la réflexion que je fais la même moyenne qu'a Plouescat l'année dernière !!! 

Bonne deuxième transition en 3'30 arrêt toilette compris, je sort du parc après 6h48 de course, les 12h sont oubliées, la cible c'est 11h, avec un marathon en moins de 4h10 c'est bon. 

On a de la chance avec la météo finalement, il fait chaud mais c'est couvert, ça ne vas pas durer...    

Je pars en 5'25, il faut gérer. Après 1 km de je croise Bruno qui finit son vélo j'ai environ 10 minutes d'avance, puis Sylvain, il est 3 km devant. On se prend un orage, ça fait du bien, ça rafraîchit mais ça s'arrête vite et dans la foulée une chaleur moite nous tombe dessus et nous écrase au sol, les nuages disparaissent , le soleil tape, on est à 30° à l'ombre, mais elle est rare !!! ça commence à marcher de partout. Comme il n'y a pas de bracelets ou chouchous impossibles de savoir qui est dans quel tour. 

On se croise souvent, petit signe à chaque fois, Bruno à une super foulée, il a l'air bien, ça va être dur de résister à son retour. Je demande à Sylvain s'il a vu Fabien, je ne l'ai pas croisé et ça m'inquiète, il me dit que non. Je bois à chaque ravitaillement, mais j'ai plus envie de manger, le seul truc qui passe ce sont mes gels au miel salés, sans eux j'étais mort !!! je passe au 10,5 en 57'45, le timing est bon, au semi en 1h51. il me reste 2h20 pour être sous les 11h, normalement c'est bon. Mais j'ai lu dans beaucoup de CR de Dauphins que la course commence au semi, alors pas d'enflammade !!! 

Bruno se rapproche à vue d’œil et me dit qu'on va finir la main dans la main. Ça pète de partout, on entend les sirènes des ambulances, c'est un vrai cagnard. Le leader me double, il a 2 tours d'avance, mais quelques mètres plus loin surprise, au ravito il reste scotché à la table et aura du mal à repartir. Mais bon il finira 2h devant quand même. Le troisième tour est vraiment difficile, l'arrivée est encore loin, j'en peux plus, j'ai envie de marcher mais j'ai le souffle de Bruno dans le cou, et les textos de Pascal et Hervé, qui m'ont dit de rien lâcher dans la tête, hors de question de marcher. Je reste sur un rythme régulier à 5,47 au kilo. Quand j'attaque le dernier tour j'ai 1h25 pour être sous les 11h, c'est bon, sauf énorme défaillance je tiens mes 11h. Je déconnecte complètement, je me contente de mettre un pied devant l'autre, j'arrive à tenir sous les 5,50 au kilo. Mais au demi tour je suis bouilli. Bruno me reprend à 1km de l'arrivée, il me dit qu'on fini ensemble, mais je peux pas le suivre. Je lui dit de profiter et de passer la ligne avec ses enfants. Depuis des mois je pensait passer la ligne en larmes, mais je suis tellement cuit que ça vient pas, ça m'agace même mais j'ai plus assez d'influx pour ça. Je fais les 500 derniers mètres avec la banane jusqu'aux oreilles, au passage de la ligne à défaut de larmes je pousse un cri de rage et je m'écroule sur la tapis. 

Ça y est c'est fait, je suis un Ironman !!!    

10h43m03, j'en revient pas !!! 

Je rejoint Bruno dans la tente, il m'a mis une minute dans le dernier kilo, il a fait une super course lui aussi, on se tombe dans les bras, c'était génial de partager la course tous les 2 à distance comme ça. 

Sylvain arrive, il a fini depuis un moment, il nous confirme l'abandon de Fabien, déshydratation au début de la course à pied. 

C 'est le moment de s'empiffrer pizza, gâteaux, jambon cru, seven up.... 

Je suis carbonisé mais sur un nuage. 

Au final je fais mieux que mon objectif dans chaque discipline et pour la première fois sur un triathlon je finis à une meilleur place qu'après la natation. 

Vu mon temps vélo, je ne vais plus pouvoir dire que je suis une quiche en vélo !!! 

Le travail ça paie, et pour tous ceux qui préparent Vitoria, si vous suivez le plan de Dieu, ça va passer sans problèmes. 

Un Ironman, c'est long, c'est dur, mais j'ai adoré, ce ne sera pas le dernier !!!!