Debout à 4h00, pour une fois je suis calme, et c’est louche car ça ne m’arrive jamais avant une course. Je mange tranquille, on rigole avec Julia et Marie. On écoute un peu de musique, surtout Lose Yourself d’Eminem. Je ne suis pas trop pressée d’aller au parc mais les filles me font décoller vers 6h30.

Ensuite tout s’enchaine très vite. On passe déposer les dernières affaires dans les sacs de transition puis on passe checker que tout est OK avec le vélo (pression des pneus, étalonnage du capteur, OUF tout va bien). J’ai tellement peur d’un problème mécanique que je me suis un peu enflammée sur le matos de rechange : bombe de mousse, boyau + deux cartouches !

Il est déjà temps de rejoindre le sas de départ pour le mass (OH oh oh, j’ai découvert le concept il y a deux semaines à Lacanau mais à plus de 2000 nageurs, je me demande comment ça va se passer). Comme il n’y a pas de tapis, les temps de départ sont les même pour tous. Je décide de me mettre en début de sas 1h10. Je crois plutôt valoir 1h15 mais je ne veux pas perdre de temps inutile. On croise mes parents et Marie qui nous donne les derniers conseils, je me rends vraiment compte qu’il va falloir y aller et faire la course. Je me dis qu’on a vraiment de la chance d’être là et j’ai surtout hâte d’être sur le vélo. Le soleil se lève et le speaker balance « Good Vibrations », je me dis que l’important va être d’en profiter vraiment et que ça reste un souvenir de dingue. Je checke Julia une dernière fois et c’est parti !

La natation est composée de deux boucles avec une petite sortie à l’australienne. Je décide de partir à l’intérieur et de faire au plus court même si je sais que je prendrai des coups, je trouve que 3800m c’est déjà pas mal =). Comme prévu c’est un peu la bataille au début et je mets un demi-tour à être tranquille. Sur le retour je trouve des pieds, c’est parfait. Je sors de l’eau en 33min, je n’y crois pas tellement. En repartant :surprise : il y a un courant traversier de dingue, il sera donc de face sur le long côté du retour. En effet, ça ne manque pas. Malheureusement je ne trouve pas de pieds, je suis toute seule et ce denier bord sera assez long. Juste avant la sortie, un mec me tape le genou et ça me fait une crampe. Je me redresse dans l’eau, elle s’en va. C’est good. Je checke le chrono : 1h10. C’est plus lent mais ça me va. Je suis contente.

Je fais une transition tranquille où je vérifie de ne rien oublier. Je passe chercher mon vélo et c’est parti ! Le parcours vélo commence par environ 13 kms de côte jusqu’à La Geria. Je suis bien les conseils d’Arnaud, je ne m’enflamme pas. Je mouline bien maisje double quand même pas mal. Ensuite on enchaine sur une longue descente vent de travers, je me rends compte qu’il est beaucoup plus fort que les jours précédents mais ça me va, je me dis que plus le vélo est dur plus je serais favorisée. Dans le retour vers El Golfo sur du plat mais vent de face, je peine un peu à trouver le bon développement. Je pense à ce qu’on s’est dit sur le rythme de course avec Marie, je ne regarde pas le compteur et je me fie à mes sensations. Les mecs puissants appuient et je me fais littéralement déposé par une fille qui va vite, je n’essaie même pas de l’accrocher. Ensuite, c’est la montée du Timanfaya. C’est la route en faux plat montant vent de face. Pile ce que j’imaginais quand on me parlait de vélo à Lanza. Je double « El Diablo » et puis pas mal de mecs. J’ai un peu mal aux lombaires à cause de la natation mais je me force à rester en position aéro même si je suis lente, ce que je ne faisais jamais à l’entrainement. J’ai une fréquence de pédalage très élevée et je grimpe tranquille. Je me concentre juste à avoir le meilleur ratio (Vitesse/Energie dépensée). Dès que le parcours est plus roulant je relance direct et ça me permet de revenir sur les mecs plus forts qui me distancent dans les zones de plat ou j’ai plus de mal.

Les zones de plat et de faux plats s’enchainent. Puis, place à ce que je crois être le gros dossier du parcours : les ascentions des deux miradors : je double énormément, ce n’est pas trop dur. Je checke ma moyenne à 105 kms : 26km/h environ, c’est pas rapide mais je n’ai pas l’impression d’avoir trainé. Je n’ai mal nulle part et les jambes sont OK. La descente est magique, ça roule et c’est beau ! Des kms donnés, ENFIN !!! Puis retour sur l’autoroute et vers Teguise (LE MAL) je me sens un peu entamée, c’est vent de face c’est dur et ça monte plus que prévu je me dis qu’on est au 120 ème que j’ai souvent des coups de fatigue à ce moment-là donc je prends un gel caféine pour me réveiller. L’aller/retour vers Famara est long : descente vent de face puis montée vent dans le dos. Dans le retour je recommence à doubler, tout le monde craque un peu. Le retour vers Puerto del Carmen est rapide et on l’a repéré, je trace mais je me fais pisser dessus par un allemand. LA CLASSE =). Juste avant de poser le vélo je rattrape la machine qui m’avait déposé à El Golfo, je suis contente mais je ne m’enflamme pas, il reste un marathon.

     

Le marathon est divisé en 3 boucles : une grande de 21,1 k et deux de 10,5. Je pars avec un petit groupe dont un cow boy. Les jambes répondent et je dois vraiment me forcer à temporiser. Je veux partir à 12 km/h. Je croise Marie qui coure un peu avec moi, ça rebooste, elle me dit que je suis en tête du groupe d’âge mais que la suivante n’est pas loin. Tant que je suis dans le groupe c’est facile et ça avance mais le vent de face et les ravitos font exploser notre gruppeto. Le cow bow s’arrête dans un bar. Ensuite je me concentre juste pour tenir 5’15 les jambes vont bien mais j’ai mal à l’estomac car j’ai mangé un gel dégueu de l’orga. (mes gels sont tombés en courant) je me dis que c’est un peu chaud et que tout peut encore arriver. Au semi, je pense « c’est maintenant que la course commence ».

Les deux petits tours passent plus vite, l’estomac va un peu mieux. Mes parents se sont répartis sur la boucle et Marie court quelques mètres avec moi sur chaque demi-tour pour me filer les écarts et discuter un peu. Ça aide vraiment à tenir.

J’avais divisé le marathon en 8*5k + 2k de bonus ou je croyais que j’allais voler =) (dixit Jerem’). Pas de miracle pour moi, j’ai mal aux jambes et je suis fatiguée, je ne peux pas voler ! J’ai un peu de mal à croire que je suis au bout mais on arrive dans la dernière descente. J’essaye de profiter un max. Une fois la ligne passée, je suis hyper contente et je plane complet.

Verdict : 11h24min24 secondes : 1h10 de nat, 6h25 de vélo et 3h41 de marathon. C’est conforme à ce qu’on avait prévu à l’exception du vélo qui est un peu plus long mais je suis contente car je ne crois pas que j’aurais pu aller plus vite sur cette partie. Je termine 1ère du groupe d’age 24/29 ce qui me permet d’obtenir un slot pour Hawaï. Une nouvelle aventure qui s’annonce !

Je profite de ce CR pour faire les remerciements qui s’imposent :

- A tous les dauphins pour les encouragements et conseils avisés avant/Pendant/ après la course, j’y ai souvent pensé et ça m’a énormément aidé. C’est une redite mais ce club est le meilleur.

- A tous ceux qui ont bien voulu se lever dans le froid hivernal des fois tôt ou tard et avec qui j’ai pu partager des sorties. L’hiver n’était pas marrant mais les PLS c’est beaucoup plus rigolo en groupe.

- A ceux qui m’ont soutenu et permis de guérir quand j’étais blessée (Antoine, Hervé, Mickaël, Team MAC GUIGANS) - A LIV et particulièrement l’équipe de GIANT Brest pour la préparation du bolide.

- A Marie pour le programme et le coaching ******, à Julia de m’avoir trainée dans cette aventure de dingue.