Version Jean Christophe
C’était donc sur le Tribreizh mon premier gros objectif de la saison et au final une énorme satisfaction. Avec le plateau présent cette année j’espérais une place entre 10 et 15 et réussir à monter sur le podium de la course en vétéran qui s’annonçait très difficile et disputée. 

J’avais fait de nombreux entraînements sur ces circuits que je connais plus que bien et vu les sensations et les progrès à vélo de cette année je m’étais mis en tête de faire la course suivante : une natation sans perdre trop temps sur mes adversaires vétérans , un vélo à bloc sans gérer , partir en course à pied à 4’ au kilo et tenir cette allure le plus longtemps possible. 

Dimanche à 7h30 sur place je sens que la forme est là , pour une fois j’ai fait particulièrement attention à mon alimentation d’avant course en chargeant au maximum les réserves la veille , avec un bon petit déjeuner à 7h et un coca 1h avant le départ. 
Départ sur la plage , plongeon dans l’eau à 18° et tout de suite je nage correctement sans être gêné. Beaucoup de monde devant moi et difficile de voir la première bouée alors je décide de suivre les pieds devant moi et de faire confiance ( merci Christophe B. pour les conseils ) Et j’ai bien fait , j’ai choisi les pieds d’un gars qui va bien droit et le premier tour se passe sans problème. Sortie à l’australienne sous les encouragements nombreux et bruyants et je replonge. J’ai perdu mon poisson pilote alors je reprends les premiers pieds que je vois mais le choix est moins bon , ça ne va pas bien droit. Obligé de rectifier la trajectoire et de nager seul jusqu’à la première bouée. Je retrouve un petit groupe avec lequel je finis ce deuxième tour impatient de monter sur le vélo. 

Transition rapide , j’enclenche les pédales et c’est parti. Tout de suite Arnaud me donne le retard sur mes adversaires du jour , 2 et 3’ à reprendre. Il va pas falloir trainer mais j’ai choisi de ne pas gérer le vélo et je démarre rapidement doublant beaucoup de monde ( certains avec des maillots de vélo , des vestes thermiques ou même des Kway qui flottent dans le vent !!! ) Je suis en singlet mais je ne sens rien : ni chaud ni froid , il n’y a pas un souffle de vent , les conditions idéales pour faire un gros vélo. J’ai mis le timer à sonner et je bois régulièrement. Au 25ième km je reprends Yves Bonnamour qui avait gagné la course vétéran l’année dernière. En le passant la différence d’allure est très importante et je sais que sauf faiblesse en cap il ne reviendra pas. ( il me confirmera à l’arrivée qu’il a bien essayé de me suivre dans les bosses qui montent à Menez Meur mais que c’était trop rapide pour lui ) Au 30ième km , en passant sur deux tranchées mal rebouchées mon bidon derrière la selle sort du porte bidon et tombe dans le fossé. C’est en descente et je ne veux pas m’arrêter et perdre du temps. Je continue et finis ce premier tour toujours à fond en passant encore beaucoup de monde. Je sens bien que je vais très vite mais je suis quand même agréablement surpris quand j’entends en arrivant au lac que je suis 11ième. Malgré tout j’ai encore Postec et Gilles devant. Je cherche le tee-shirt jaune d’Arnaud pour avoir des écarts. Evidemment il est là sur le bord et me dis ( pardon , me hurle !!) que Postec est à 30’’. J’attaque le deuxième tour comme le premier sans aucun signe de fatigue et je récupère un bidon d’eau. Ce n’est pas de la boisson énergétique mais il m’en reste un peu dans le bidon de guidon et comme il ne fais pas chaud je pense que ça devrait aller. 3km plus loin je passe Postec dans un faux plat montant et là aussi la différence d’allure est assez importante. Je vois qu’il force les mains en haut du guidon alors que j’envoie du braquet en position aéro. Mais je sais que j’ai affaire à un très bon coureur à pied et il faut que je prennes le maximum de temps avant la cap. Peu de temps après je reprends un autre cycliste. Il s’agit de Xavier Cesbron , vainqueur à Coëtquidan avec le meilleur temps vélo. Tout ça me confirme que je vais vraiment très vite. Il s’accroche et nous continuons en nous passant et repassant. J’en profite pour lui demander si il n’a pas un gel ou une barre en trop , mais non. 
Au 60ième km , au même endroit qu’au premier tour je perds encore mon bidon. Mais là ça devient plus problématique , je n’ai plus qu’un fond de boisson pour faire les 25 derniers km. A ce moment là je relève la tête et je reconnais un peu plus loin le maillot de Philippe Boédec. Effectivement quelques km plus loin je le rejoins. La veille au soir nous mangions ensemble au bord du lac et je lui avais dit que je ferai tout mon possible pour le reprendre avant la fin du vélo , chose que j’ai toujours essayé sur d’autres courses mais jamais réussi. Nous échangeons quelques mots sur ce qu’il se passe en tête de course et je lui demande si il n’a pas quelque chose à manger. Je crois que le morceau de barre énergétique et la rasade de boisson qu’il me donne à ce moment là m’ont bien aidé , au moins pour ne plus me tracasser avec ce problème de ravitaillement ( Pour éviter les remarques des puristes de la RG de la fftri , je précise qu’à peine la ligne d’arrivée franchie je suis allé voir l’arbitre principal pour lui expliquer que j’ai bénéficié d’une aide extérieure. Mais comme personne n’a posé de réclamation….. ) Un peu plus loin j’aperçois le maillot rose de Gilles et j’accélère pour le reprendre , emmenant avec moi ( à distance plus que réglementaire ) Xavier et Philippe qui du coup le passent aussi. Trois places de perdues en quelques centaines de mètres , dur pour lui. Je termine le vélo toujours à fond et suis plus qu’heureux de poser le vélo à la sixième place. Autre surprise , il y a dans le parc Le Mouellic qui met ses chaussures. Transition rapide et le temps de boire trois verres de coca , je pars en me callant dans sa foulée. Je me sens bien. Je sais que l’allure est un peu rapide ( 3’45’’ au kilo sur les deux premiers km !!! ) mais je sais aussi que Postec et Gilles sont meilleurs coureurs que moi et qu’il va falloir ne rien lâcher jusqu’au bout. 
Après seulement 1,5 km Philippe Boédec me rejoint. On échange quelques encouragements et il passe emmenant le Mouellic dans sa foulée. Je les laisse partir , ça va trop vite pour moi et ce n’est plus ma course. Je me cale sur l’allure prévue en restant très concentré. Arnaud me rassure à chaque tour et je maintiens l’allure sans faiblir. Un verre de coca à chaque ravitaillement et des encouragements de tout le monde tout autour du lac suffiront pour continuer ainsi jusqu’au bout. Colin me tend le drapeau breton et je passe la ligne heureux et je dois l’avouer , un peu ému. Il y a des jours comme ça où tout se passe comme prévu , c’est vraiment très très agéable. 

Malgré tout je pense que tout le monde sera d’accord avec moi pour dire qu’il y a un gars qui a réussi cette année encore une performance bien plus forte que la mienne , vous savez un gars avec un tee-shirt jaune qui s’occupe de tout , toujours de bonne humeur , et qui peut être fier d’être à la tête de la plus belle course de Bretagne…………. Merci Stéphane ( à partager avec Florence bien sûr ) 

Version Olivier
Un rêve, j'ai vécu cette course comme on vit un rêve. Tous ces sons, ces images qui défilent. Des sourires, des encouragements, des inconnus, des copains, des concurrents, ça va vite, trop vite même par moment. Vraiment, quand je pense qu'il y en a qui font ça en à peine plus de 4 heures, c'est donner de la confiture aux cochons. Ça t'engloutit les kilomètres sans prendre la peine d'apprécier… 

Enfin bref, c'est vraiment une expérience exceptionnelle. Pourtant, avec cette épreuve comme objectif de la saison, inutile de dire que j'en attendais beaucoup. J'en ai reçu encore plus ! 

A part le classement, tout c'est passé comme prévu. 35 minutes pour sortir de l'eau (ben oui, les bouées qui dérivent, c'est pas tous les ans), un chouille moins de 3 heures pour le vélo et surprise 1H42 pour le semi pour un total de 5H16. A 1 minute de mon objectif, je ne pouvais pas rêver mieux (à part mieux bien-sûr). 

Ça faisait une semaine que je ne pensais plus qu'à ça. Un vrai monomaniaque. Tous les soirs avant de m'endormir, je repensais ma stratégie de course, au rythme cardiaque à ne pas dépasser, aux moments opportuns pour s'alimenter, à mon alimentation de la semaine… 
… j'ai même été à un déjeuner d'affaire avec ma gamelle de pates ! 

La veille, je n'en mène pas bien large. Je suis déjà un peu dans ma course. L'après-midi, en préparant mes affaires, je multiplie les gestes inutiles comme quelqu'un qui court dans le bus parce qu'il est en retard. A 18H00, c'est avec fébrilité et inquiétude que je m'élance pour mes 20 minutes de vélo et 10 minutes de course à pied (pour les sensations qu'ils disent). Au retour, je me sens bien, la machine semble prête à partir. Je suis rassuré. 

Le soir, c'est l'apéro, à l'eau (décidemment, que d'expériences nouvelles ce WE), un bon crabe avec plein de pain et pas de mayonnaise, un épisode de "Jekyll" et au lit ! Contrairement à mes craintes, le sommeil arrive tout de suite. 

6H00, le réveille sonne mais je suis déjà réveillé depuis 2-3 minutes (j'ai décidé d'être ponctuel aujourd'hui). Gros petit déj mais sans excès, un coup sur les dents, dernières vérifications et c'est parti pour Sizun. 

8H20, je viens de passer près d'une heure au théâtre. Une pièce magnifique qui met en scène un petit homme avec une grosse voiture. Un remarquable numéro d'acteur : jouer un stressé lent, ça n'est pas donné à tout le monde ! Enfin, après moult gesticulations, on attaque l'échauffement vélo avec l'adversaire de la journée qui n'en sera pas un : Gérard. 

9H10 : j'attends le stress mais ça ne vient pas. Je crois que c'est foutu pour aujourd'hui. Je suis hilare. Tiens, si j'allais me baigner… 

9H15 : on s'en fait tout un délire de ce coup bref qui doit nous libérer pour rentrer pour de bon dans la course. Je n'entends qu'un brouhaha et ne voit que des hommes néoprènes qui s'élancent mollement. Il est vraiment temps que je m'énerve un peu. 

9H33 : sortie à l'australienne. C'est vrai que c'est marrant. En plus, la natation est vraiment sympa. Il y a un gars avec des épaules oranges. Mickael est juste devant moi. Je suis vraiment un gros balèze. 

9H50 : je sors devant Mickael, c'est bon pour le moral. Je ne m'énerve pas, je mets mes chaussettes, mon haut de vélo manche courte et zou, c'est parti. Dès les premiers hectomètres, mon cardio s'affole à plus de 160 pulses, il faut se calmer mon gars. J'arrive au carrefour où ma femme fait la circulation, tant pis pour les pulses, il faut que je lui montre comment j'envoie à vélo. Les kilomètres défilent et j'ai du mal à baisser le rythme, j'ai une patate d'enfer dans les jambes et plein de gens qui me doublent. En homme raisonnable, je m'astreins à ne pas dépasser les 150 pulses (80% du potentiel du gars). Même dans la côte la plus dure, je ne déroge pas à la règle. C'est d'ailleurs à ce moment que je croise Hervé qui pose des panneaux. J'ai le droit au mien : "Rosé, arrête de boire". Et puis quoi encore ! C'est donc tout sourire que j'attaque la dernière montée vers le point culminant. Je commence sérieusement à en avoir marre de me faire doubler et j'attaque un peu dans la descente. Je rattrape des gars qui draftent à mort. Moi je m'en fous, tout ce que je veux, c'est arriver à 11H15 à l'attaque du 2ème tour. 

11H15 : je passe sur le barrage. J'ai donc une petite minute de retard sur l'horaire. Je me sens bien et j'attaque la côte assez violemment (madame, qui doit cautionner l'achat d'un nouveau vélo est en haut je vous le rappelle). Pendant ce kilomètre où on aborde le 2ème tour, j'entends des Al…….lez……..Ol…..ivi…….er ou Vas………y…….ros……é : comment je vais vite, comment j'ai plein de copains. 

11H45 : petite baisse de régime. C'est le seul moment de la course un peu galère. Je ne me suis pas économisé comme un con, à me faire doubler sans arrêt, pour en plus avoir du mal à finir le vélo. Je repense aux paroles du gourou la veille. Il faut aborder le deuxième tour en forme. Ben c'est nické. Je stabilise mon cardio à 145 pulses et j'avance. Dans les descentes j'alterne le pédalage et les étirements. C'est quoi ce délire, commencer à avoir du mal alors que j'ai même pas attaqué la monté vers Saint Rivoal. 

12H45 : je suis à nouveau sur le barrage. Bon finalement, ça s'est bien passé. J'ai commencé à reprendre du monde dans la dernière côte qui monte vers le point culminant. J'ai bien négocié la fin pour arriver à peu près dans les temps. J'ai beaucoup regardé mon cardio et ma montre pendant les côtes. J'ai fini par me rassurer en calculant que même en allant pas trop vite, j'étais dans les temps. Nicolas, qui trouve que je n'avance pas assez me lance "on n'est pas à la ballade du dimanche matin !". C'est pas faux ! 

12H49 : c'est vraiment bien d'avoir les copains pour nous encourager. J'en perds même ma chaussure. Bon, 1H41 pour rallier l'arrivée, ça ne va pas être simple cette histoire. Ceci dit, les premières foulées sont encourageantes, je me sens vraiment bien. 

12H51 : oh non ! Une envie de pisser commence à poindre. Je n'avais vraiment pas besoin de ça pour me mettre en retard. Je repense au récit de Jean-Christophe à Embrun l'année dernière et je décide de m'arrêter en bas d'une côte. Tant qu'à perdre du temps, autant que ça m'aide à passer une difficulté. Je croise Pascal à la remise des bracelets. Son regard plein d'encouragements me donne des ailes. 

13H22 : 33 minutes pour faire le premier tour, malgré l'arrêt pipi, je suis dans les temps. 2 tours à 34 minutes et c'est dans la poche. Peu après avoir chopé mon 2ème bracelet, je vois Ludo allongé dans l'herbe. Je m'arrête. Je lui demande si ça va, je lui propose un gel mais ça le dégoute plus qu'autre chose. Il a déjà prévenu l'assistance, je le laisse donc à son sort. C'est dommage mais bon, c'est ce qui fait toute la beauté du sport. Même à des costauds, ça peut arriver (d'ailleurs l'expression "ce qui ne tue pas rend plus fort", c'est de Nietzsche mon cher Albert – je ne le savais pas non plus d'ailleurs…). Courage Ludo, demande à Pascal pourquoi il arrête le triathlon tous les ans. 

13H57 : j'attaque le 3ème tour. Je sais maintenant par cœur où se trouvent les copains. A chaque fois, j'ai le droit à un encouragement. Je me sens super bien. Il me reste 33 minutes pour boucler la course. C'est encore jouable. J'accélère donc l'allure. Je suis un peu à la limite mais il n'y a pas de raison que ça ne passe pas. Je croise une dernière fois Marcel qui m'encourage avec ses yeux rieurs. J'ai 2 gars en ligne de mire que je grappille mètre par mètre. Je double plein d'athlètes qui en sont à leur 2ème voire à leur 1er tour. J'ai l'impression d'en laisser sur place. Je plane, je sens que le pari à 5H15 est en train d'être gagné et que de toutes façons, j'arriverai au bout la tête haute. La dernière côte me fait quand même un peu peur. J'avais raison d'avoir peur. J'ai trop tiré dessus et je suis obligé de me faire violence pour ne pas marcher dans cette patate qui mène à Nicolas (décidemment, il ne me voit jamais au mieux de ma forme lui). Mes 2 cibles s'envolent en même temps que s'égrainent les secondes. Je reprends mes esprits et je ré-accélère. J'arrive sur le barrage pour la dernière fois, encouragé par Thierry MA et Christophe H. Après, c'est un peu confus mais les encouragements fusent, Thierry BN se fend la poire comme d'hab tout en m'encourageant, il n'y a plus que 30 mètres à faire. Je suis définitivement à la bourre mais je m'en balance complètement car mes 2 petits gars viennent de me rejoindre pour finir la course avec moi. Sur la ligne d'arrivée, j'ai le droit à un 'bonne fête papa !". J'exulte, je ne sais plus où j'habite. Le prez me serre longuement la main, le gourou me félicite. C'est intense, j'en ai presque le tournis. On me donne ma carte de résultat : 5H16 et 116ème. L'entrainement, ça paye ! Reprendre 10 concurrents en course à pied : inimaginable avant cette saison. Merci au gourou ! 

Ensuite, il faut remballer les affaires. J'ai super mal aux jambes, ce qui est en incohérence totale avec l'inamovible sourire qui parcours mon visage. Les gens autour doivent penser que j'ai gagné. 

Je choppe Mickael pour qu'on aille se désacidiser les jambes en vélo. On fait une ballade sympa en échangeant nos impressions. Il a l'air ravis lui aussi. 

Il est environ 16H, la fatigue s'est abattue avec vigueur sur mon corps repus d'efforts. Je n'ai pas le courage de rester démonter le site. Je me dis que je mettrai les bouchées doubles l'année prochaine lorsqu'il faudra mettre mon enthousiasme au service de ce superbe triathlon. Ce sera ma plus grande faiblesse de la journée. 

Merci donc à tous ceux qui s'impliquent comme des fous pour donner vie à cette épreuve. Merci à vous tous pour vos encouragements et votre implication. 

Maintenant, il n'y a plus qu'à récupérer pour Plouay ! Vive les Dauphins ! 

Version Gilles
Je dois dire que cette année ce Tri Breizh représentait «UN EVENEMENT » de la saison. C’est tout de même le championnat de Bretagne longue distance….avec son maillot au bout. Donc forcement un peu de pression surtout quand on sait que l’on s’est rapproché des meilleurs "vieux" du circuit. 
Ma semaine avait été un peu sur la défensive en raison d’un début d’angine, mais finalement les forces me revenaient à l’approche de ce WE fiévreux. 
Surement de l'hypocondrie aigüe avant de grand Rdv; 
 
C’est donc confiant que j’abordai l’épreuve avec moi aussi ma stratégie de course : 
Nager bien, pédaler vite et casser la baraque à pied !!! 
traduction: laisser JC et Yves derrière en natation, résister en vélo et à pied... 
Pour Postec, le reprendre le + vite possible à vélo pour éviter son retour à pied 

Pour la natation super condition de course, je trouve mon rythme tout de suite et ça se passe plutôt bien. Je gamberge juste un moment sur la fixation de ma puce electronique, un peu lâche à la cheville, et qui doit engendrer une trainée nuisible à mon aérodynamisme; =>  . Et oui 1900m , c’est long il faut bien penser à quelque chose. Je vire à l’Australienne en 15mn01, cela est réconfortant et je m’embarque sur le deuxième tour serein et déterminé. Tjrs plus agréable le deuxième tour quand les positions sont prises et que l’on nage avec des gens de son niveau. 
Je m’amuse même, à tester les différentes positions : sur le coté, derrière mon prédécesseur. 
Et c’est clair, que quand t’es bien dans les pieds avec les conditions du lac, on ressent la différence. Tu peux même t’amuser à tapoter les pieds pour demander à accélérer. Je commence à trouver cela fun la natation… 
Allez un peu de concentration, le public se rapproche au travers de mes lunettes ARENA (mon sponsor); 
, la foule en liesse s’attend à nous voir tituber. Une bonne chose de faite, je sors entre 30-40, c’est déjà mieux que l’année passée. Je rentre dans le parc, j’enfile ma première chaussette. 
Merde j’ai mis la lettre L sur mon pied droit : l’anglais et moi, ça a tjrs fait 2. Je remets cela dans l’ordre, ça ne sert à rien d’acheter les chaussettes anti-ampoules pour les mettre à l’envers. 
Tout le monde en vélo pour la ballade dans les monts d’Arrée. 
A la sortie du parc, Cathy m’annonce PosteK à 2mn et Arnaud à 1 mn. Merde qui croire ? 
Enfin bref, Action sur le grand plateau. Ca démarre bien, j’ai de la force dans les cannes et je double 15-20 coureurs dans les 4 premiers kilomètres. Je commence à concentrer ma vue sur un maillot rose, celui de Ludo, quand je me fais doubler par un triathlète au look ravageur du TC nantes. A la sortie de Commana, je rattrape Ludo et dans la longue montée qui suit, mon œil de chasseur aperçoit la tenue fluorescente de Steph POSTEK (le tchèque en blanc de Ploemeur) C’est incroyable comme des apparitions peuvent te donner le coup de fouet !! 
Je repasse le gars de Nantes et je me fais un pointage au carrefour de la route de Brasparts (25s). Je décide de la garder en point de mire et de l’attaquer à l’entame des bosses. 
Je le passe au virage en épingle à cheveux et je monte assez vite derrière, mais il s’accroche le bougre . Tant mieux comme cela il va bien péter !!! 
A Saint Rivoal, on m’annonce 7ème : Ouh lala Gillou qu’est ce que tu nous fais ? 
Avec le gars de Nantes, on revient sur Boedec à la fin du premier tour et on le décroche m^me un petit peu. 6ème , 1er Vétéran : elle est pas belle la vie !! 
Voilà que jean Mimi commence à jouer les ardoisiers et m’annoncent que JC et PosteK sont à 1mn 30 derrière. No stress, il faut garder le tempo. 
Mais sur le boulevard derrière le Mont Saint Michel, je ne peux plus suivre le rythme du nantais et je préfère rétrograder. Effectivement quand je vire à la sortie de Braspart, ça me fait tout drôle de me mettre en danseuse. Et là, je commence à me repasser le film et les sensations de l’année passée où j’avais bien morflé à pied. Du coup, j’essaye de pédaler le plus souple possible et ne voyant pas Boëdec revenir, je me dis que le rythme est si élevée depuis le début que tout le monde commence à lacherè positive attitude ou sinon y’a aussi le coup du « La douleur n’est qu’une. .. » mais j’arrive jamais à retenir la fin. 
Bon ben vu que je vois personne à l’horizon, j’avais bien aperçu le maillot fluo du Cessonnais 
Siffroy dans la montée du Roc (estimation 1mn), je commence à régler mes rétroviseurs. 
Et la POUM, j’en prends 3 en pleine face avec JC qui mène la danse. L epb c’est que je revois Boedec dans le trio et il a pas l’air mal, Merde… Et le 3ème qui me demande si ça va ? 
No stress Gillou, ils vont payer leur retour de feu. Manque de bol, on enchaîne tout de suite sur un talus et mon indicateur température part direct dans le rouge… 
A mon grand regret, je vois mes 3 larrons s’éloigner, discuter et trinquer ensemble. 
Ah les chacals ils fêtent déjà mon enterrement !!! 
Heureusement je reprends Siffroy au ralenti peu de temps après : -3, +1 on stoppe l’hémorragie.YesYes !! 
Il reste Ménez-Meur à gravir et je pédale même avec les oreilles mais souple 
J’arrive en haut et je dis à Yann que je suis un peu carbo et lui tout en communion avec moi me répond : « ça se voit !! » J’adore cet esprit club, ce soutien permanent entre tous. 
Bon allez position semi aéro et on rentre au lac. 
Ah ça fait du bien d’entendre la clameur du speaker et des spectateurs, ça te remet un peu dans le match. La dauphin team m’annonce JC à 2 mn, la vache il m’a pris tout ça en 2bosses !! 
J’allume mon Personal computer et sachant qu’à Coetquidan j’allais 6 sec plus vite que lui au km, qu’il y’en a 21 aujourd’hui, qu’il connaît toutes les racines, ça sent le roussi pour le titre vétéran. Mais sait on jamais ? il y a un an, c’était pareil et …. 
Je lance la machine et si la face interne des cuissots m’obligent à la prudence en ses premiers kilos, je me trouve pas mal. Je sais que je ne vais pas m’écrouler comme l’an passé. C’est bon pour le moral. 
De l’autre côté du Lac, Marcel me donne un écart et il a grandi. Putain JC est divin aujourd’hui. C’est râpé, il faut penser à regarder dans le rétro. 
Finalement il y a une fusée (1h20) du val Saint père qui me passe, mais pas de PosteK. Je finis 10 et Vice champion de bretagne vétéran, je suis HEUREUX et vaincu par plus fort. 
Rien à dire, Chapeau JC. 

Le bilan est largement positif pour moi : j’ai fait la course devant. Bcp de plaisir, un peu enflammé par moment, mais c’est ce que j’aime dans le sport. Et puis je mets 20 mn de moins qu’en 2007. Je suis certain maintenant d’être dans le grand club qu’il fallait à mon épanouissement . Ca sent la lèche, il est temps que je termine. 

Merci à tous pour les encouragements, les clins d’œil, les photos, les applaudissements, Ca était une bien belle journée. 

Gilles Half ironman en juin et peut être Embrunman le 15 Août en soirée. 

Version Gérard
Le Tribreizh mon 1er objectif de la saison,! 
Terminé en 4h 56, résultat inespéré. 

Je pensais terminer entre 5 h et 5h15. Les heures d'entraînement de ces derniers mois ont payé! Je constate que le LD me convient mieux que le sprint.Les encouragements du public et des collègues sportifs à chaque passage m'ont bien boosté! 

124ème après la natation était déjà une bonne perf pour moi.En vélo les sensations étaient bonnes dès le départ.Je doublais constamment les concurrents; au 2ème tour, arrivé au niveau de Mickaël, il m'informait que Pierre n'était pas bien loin! Alors commençait la course dans la course: je le rejoignais quelques kilomètres plus loin avec une petite satisfaction.  

Le vélo terminé, j'enchaînais la course à pied avec les jambes assez raides au bord des crampes parfois.Je terminais mes 3 tours heureux d'avoir fini mon 1er LD et cerise sur le gâteau, 1er vétéran 3 et 1er podium en triathlon!  grâce aux encouragements des collègues des Dauphins et du Team !  

Un grand bravo à Stéphane , à toute l'équipe des maillots jaunes et à tous les bénévoles!  

Version Mickael
7H30 : Départ de Lesneven. 
8H05 : Arrivée sur le site. Je me gare sur le parking. Je vois Suppli garé devant moi. 
Je me retourne, j’aperçois Ludo qui lui est stationné derrière : l’ordre d’arrivée semble déjà respecté…….Echange de sensations avec Ludo sur notre nuit, et nos tactiques de course !!!!   
Je prends mon matériel, direction le parc à vélo, un petit arrêt pour dire bonjour aux copains à la tente des bénévoles. De nombreux conseils délivrés par tous, j’ai essayé dans tenir compte au maximun !!!!! 
Préparation et mise en place du matériel dans le parc. La pression commence à être plus importante. Vivement le départ que tout s’évacue !!!!!   
9H15 : Le départ libérateur. Quelques coups échangés avec mes partenaires de course.  
La sortie à l’australienne fait apparaître un début de crampe aux 2 ischios. Je repars pour le 2ème tour. J’appréhende la sortie de l’eau !!!! Est-ce que je pourrai courir jusqu’au parc à vélos ??? Si j’y vais en marchant je vais me faire allumer par mon public !!!!    
J’arrive à trottiner jusqu’au parc. Sauvé !!!! 
Départ en vélo, je ne veux pas me griller dans le parcours , je connais le circuit. Le 1er tour passe super bien. Après St Rivoal, je suis repris par « le Doc », sourire aux lèvres…..On se dépasse, on se re-dépasse…..Tout d’un coup, une subite envie de faire pipi. Au niveau du radar de Bretagne, j’essaie de faire ça en roulant !!! Pas évident !!! Je ne m’y suis pas entraîné, en plus la peur de me prendre la chose dans le pédalier, le risque que quelqu’un roule dessus…..Vous savez ce que sait !!!!!!!    
Pierre en a profité pour prendre de l’avance. 
Sur le 2ème tour la montée sur la crête des Rochs est plus pénible. Gérard m’y reprend, je lui signale que Pierre doit être un peu devant. Dans la bosse, je prends le temps de discuter avec Virginie qui me confie qu’elle a 1min 40 de retard sur sa concurrente et que celle-ci roule vraiment fort. 
Avant la descente sur Braspart, je ne tiens plus. Il faut que je m’arrête pour satisfaire ce besoin naturel qui me dérange. Je compte 15 cyclistes qui me regarde faire pipi.  
Aller , c’est reparti !!!! Pendant toute la partie vélo, je me suis fait pas mal doubler, j’espère que ça va payer en course à pied. Sur la fin du circuit , je me permets d’envoyer un peu plus gros. Je reprends Ludo après Ménez Meur. La descente sur St Cadou à bloc. Et l’arrivée au Lac, mon chronométreur ( merci Marc) me donne l’écart avec Pierre : 4 min !!!!!!   
Je pose le vélo, Ludo est dans mon dos. Je vais pour partir : une terrible crampe au quadriceps gauche ( voir la photo de Flo sur la page d’accueil du site). J’essaye de trouver une foulée qui me permette de tenir. Au 1er Km, re-crampe à l’ischio droit, je pense un moment à l’abandon. Et là une voix venue de je ne sais où me conseille : « Marche un peu , ça va passer !!!! » 
  C’est J.C. !!!!!!   
Non, pas Jésus Christ, celui-là courrai sur l’eau . Mais , Jean Christophe, qui survole la piste….Je repars tranquillement, et j’arrive à trouver mon rythme en sentant toujours les crampes !!!!! 
Mon écart avec Pierre ne semble pas réduire énormément . Lorsqu’au détour d’un ravitaillement, j’aperçois un maillot rose. Marcel me confirme qu’il s’agit de Pierre. A la plage du club nautique, je me permets de lui caresser une fesse en l’encourageant d’un : « Suis -moi !!!!! ». Il ne semble pas vouloir répondre à mon invitation. Au niveau de la passerelle, je jette un coup d’œil, pas de rose dans mon dos !!!   
L’arrivée, je sens les gens un peu surpris de me voir, à croire qu’ils attendaient quelqu’un d’autre avant moi. Une blague fuse : « Fais gaffe Pierre revient !!!! ».Ma femme n’a même pas le temps de faire de photos à l’arrivée. Elle savait que Pierre était devant et l’attendait pour se préparer à me photographier….. 
Le passage de la ligne avec mon petit garçon : un instant fort !!!!! 
2ème moment fort : les félicitations des Présidents de clubs et de l’organisation. Bravo les gars, vous démontrez ainsi que ce triathlon n’est pas seulement une course avec des anonymes mais que tous les participants ont une valeur pour vous quelque soit leur temps ou leurs objectifs. Vous savez donner de l’importance et de l’intérêt à chacun des coureurs. C’est pour cela que nous prenons autant de plaisir à faire le Tribreizh. 
Chapeau bas MESSIEURS !!!!