EMBRUNMAN 2015 par fabulous FAB

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 (Photo: Marie Protat)

En arrivant à Embrun, je n’aurais jamais pensé faire un tel résultat. J’espérais faire dans les 12h mais certainement pas 11h33. J’avais effectué une prépa impeccable et sans trop de difficultés, mon seul « petit » regret après coup est d’avoir un peu mis la course à pied de coté.Ceci mis à part j’abordais l’Embrunman plutôt confiant.

Après une dernière nuit impeccable ou j’ai dormi comme un loir (c’est toujours ce qui m’inquiète, le sommeil), je me lève à 4h00 pour le petit dej (gatosport et café). Je retrouve Patrice qui est déjà attablé et qui semble pressé d’en découdre. A 4h30, départ pour le parc à vélo, j’y retrouve mes voisins de parc: le prez et Bernard qui est déjà en train d’être interviewé par un journaliste (qu’est-ce qu’il ne ferait pas pour marquer des points au challenge !).

Enfin, le départ approche et à 6h moins dix le départ des féminines est lancé, nous avançons vers la plage et j’essaye de me rapprocher de la première ligne en vain il y a trop de monde. Je me retrouve en plein milieu du paquet. A 6h00, c’est parti, l’entrée dans l’eau est assez lente comparé aux autres ironman que j’ai faits, presque tout le monde marche sur la plage. Par contre une fois dans l’eau c’est la baston pendant 300-400 mètres puis enfin j’arrive à poser ma nage. Je décide de prendre un rythme soutenu mais pas trop appuyé car la journée va être longue. Les 3.8km se déroulent plutôt bien, je parviens à « sauter » d’un groupe à l’autre et en sortant je regarde ma montre, pensant avoir mis plus de 1h05 (mon meilleur temps à Roth) et là ……59 min je n’en reviens pas surtout que je n’étais pas à fond. J’attaque le vélo encore surpris de ma nat, et je me dis « tant mieux ça fera du bonus pour plus tard quand ça chiera ».

Dès la sortie du parc, c’est parti avec les difficultés la montée vers puy-sanieres. Je sens de suite que j’ai les jambes, j’emmène le 39x19 sans problème alors que je n’y parvenais pas durant la reco. Au vu de ma forme du jour, je décide d’envoyer alors que j’avais initialement prévu de rester « calme » jusqu’à l’Izoard et je double énormément de monde durant la première petite boucle du parcours. A 8h30, j’attaque la seconde boucle en direction de l’Izoard et traverse la foule massée à la sortie d’Embrun…énorme l’ambiance.

Peu avant le col, on m’annonce que je me trouve dans les 40-45èmes…..inespéré, je ne pensais pas être aussi bien et j’attaque le col motivé à bloc. La montée se déroule pas mal, je la monte intégralement en 39x28 (je ne prends pas le risque de mettre le 25 contrairement à la reco) et au sommet une partie du « fan-club » de Landerneau est là. Je récupère mon ravito : un bidon des gels et un sac poubelle qu’Emilie tenait absolument à ce que je prenne….ça a sûrement sauvé ma course.

En effet j’étais parti pour le vélo seulement en maillot manches courte, rien en dessous bien entendu sauf qu’en haut de l’Izoard il fait 8°C j’attaque donc la descente blotti dans mon sac poubelle mais je suis quand même gelé, j’ai les dents qui claquent toutes seules…. J’essaye de ne pas y penser et je descends comme je l’ai vu faire à la télé (merci le tour de France) exterieur-interieur-exterieur dans les lacets et ça marche je dépasse plusieurs gars les mains agrippées aux freins et qui me regardent passer impuissants.


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 (Photo: Marie Protat)

En arrivant sur Briançon en bas de la descente , la température remonte ce qui me rassure , mais une petite pluie fine se met à tomber et je me résous à garder mon sac poubelle (je pensais le virer après la descente),cela me vaudra de nombreux commentaires de la part des spectateurs du genre «regarde, Il a un sac poubelle lui » ou « pas con l’idée du sac poubelle ».Puis arrive la cote de Pallon, le moment le plus dur de la course pour moi, panne de jambes dès le début de la cote j’ai l’impression d’être comme scotché à la paroi, un concurrent me dépasse puis un autre puis 2 autres alors que j’avais plus vu personne depuis plus de vingt minutes ; ça met un coup au moral. Une fois en haut je prends le temps de bien manger pour sauver la casse et les jambes reviennent dans les descentes suivantes.

Retour sur Embrun, je rejoins un petit groupe, je fais quelques kilomètres avec eux jusqu’à ce que l’un d’entre eux me signale que je suis en train de perdre mon dossard. « Il y a plus qu’une attache » me lance-t-il. Je m’arrête et je les laisse filer et inspecte le dossard : une épingle s’est faite la malle et une autre est ouverte sûrement à cause du vent dans la descente de l’Izoard. Je remets la deuxième épingle et repars vers Chalvet la dernière difficulté en vélo que je passe plutôt bien compte tenu de la fatigue qui s’accumule et je fais la descente assez vite en me faisant un peu peur (route pourrie, plaques d’égouts, graviers) ma roue arrière chasse dans un virage…….sueurs froides mais ça paye je rattrape les gars que j’avais laissés partir un peu plus tôt, ils me font signe de passer « passe ,tu descends plus vite que moi » me crie l’un d’eux.

Après la descente, arrivée au parc à vélo. Je me change et pars pour le marathon, les jambes sont pas mal et le rythme est bon jusqu’à la grosse montée vers le centre-ville ou j’ai l’impression de faire du sur-place je me fais dépasser et je regrette à ce moment d’avoir sacrifié la course à pied durant la prépa.

Dans la descente après le centre-ville, je croise Pierre et Pat qui terminent leur vélo, on s’encourage, ça fait du bien de voir des dauphins je n’en avais pas vu un seul depuis le départ et à ce moment je n’ai aucune idée des positions de chacun. Plus tard, sur la digue, je croise Jésus sur le chemin d’en face poursuivi par Pat et Pierre, ils sont très proches les uns des autres et je me dis « putain là, la bagarre fait rage ».


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 (Photo: Marie Protat)

Seconde moitié du marathon … ça se complique.

Comme l’a dit Bernard dans son récit de la course, on se demande comment on a pu passer au premier tour, pour moi ça ne me parait plus du tout être le même parcours en terme de difficulté. Mes jambes sont deux blocs de béton, la moyenne chute et les foulées s’enchaînent à la manière d’un automate, l’envie de marcher se fait de plus en plus ressentir et la dernière descente de Baratier est vraiment douloureuse pour les cuisses il est temps que ça se finisse. Les encouragements me permettent de terminer assez rapidement ; il faut dire qu’on a eu presque plus d’encouragements que dans les courses finistériennes, les « allez la Bretagne » « allez Landerneau » pleuvent, Alain avec son drapeau….énorme.

Après 11h33 de course, enfin l’arrivée avec son lot d’émotions et le sentiment du travail accompli. Je vois Emilie au moment de l’arrivée qui parait encore plus émue et heureuse que moi, comme si c’était elle qui avait fait la course ; MERCI à elle pour tout ce qu’elle a supporté sans rien dire pendant plusieurs mois (les soirées seule avec les gamines et aussi les dimanches et les samedis …)

Merci également à tout le club pour vos encouragements on s’est vraiment senti supporté. Merci à tous.

Enfin pour conclure, je dirais qu’Embrun n’est pas un mythe tri athlétique sans raison, c’est vraiment une course exceptionnelle tant au niveau du parcours que de l’ambiance ajoutez à tout cela une organisation impeccable …. Pour les amateurs de longue distance, il faut la faire au moins une fois.