IM COZUMEL – 30 Novembre 2014

Après 8 mois d’entraînement et les péripéties de l’été 2014, nous voilà à Cozumel avec Jeremy chez Alfredo, un mexicain qui nous aidera beaucoup tout au long de notre séjour. La météo est changeante selon les jours, tantôt grand soleil et grosse chaleur, tantôt grandes rafales de vent et grosses averses. Quelques jours avant le jour J, les routes sont inondées et la mer bien agitée.

 

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Mais ce matin, rien à redire. Tout est calme, la mer aussi.

 30 novembre 2014 – 5h30

Après les dernières retouches dans le sac de la T1 (il y a 2 zones de transition, la T1 entre natation et vélo, la T2 entre vélo et cap) et sur le vélo, un bus nous conduit au départ à Puerta Maya, sûrement à quelques 4 km du nord de la sortie de l’eau à Chankanaab Park. La tension est palpable dans le bus.

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Les premiers à s’élancer sont les pros aux bonnets blancs à 6h40. La vague de mon groupe d’âge F30-34 ans, les bonnets violets, part à 6h58. Nous laissons nos belles claquettes blanches décorées IM Cozumel en paquet derrière les barrières et nous nous mettons à l’eau. Les filles se battent pour se positionner sur la ligne de départ, cela m’étonne quand on pense à la journée qui nous attend !

La natation est une course en ligne droite de 3,8km du nord au sud où les nageurs sont aidés par le courant. La première consigne de course était de laisser les bouées sur notre gauche et déjà personne ne la respecte…

30 novembre 2014 – 6h58

Le départ est donné, les filles partent vite, j’essaie de m’accrocher aux pieds. Très vite, nous rattrapons les bonnets roses de femmes parties avant nous puis les bonnets jaunes des hommes vétérans partis 6’ avant nous. Dans le tumulte des battements et des nageurs, je perds mes poissons pilotes aux bonnets violets, en retrouve d’autres, les reperds. J’ai l’impression de ne pas faire une bonne natation, mes mains s’ankylosent, je dois les secouer lors de leur passage aérien pour retrouver quelques sensations. Je manque de volume je pense. Un long moment se passe avant d’apercevoir le ponton des dauphins de Chankanaab et se déconcentrer en contemplant la vie sous-marine est tentant. Sur la fin, je récupère un rythme correct. Après une petite portion de remontée contre le courant, c’est la sortie de l’eau, la récupération du sac T1 et du vélo.

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Les jeunes mexicaines me mettent de la crème solaire pendant que je lutte un peu pour mettre mes chaussettes de compression.

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30 novembre 2014 – vers 7h58

En enfourchant mon vélo, je me demande si Jeremy arrivera à faire en sorte que je le vois parmi les nombreux spectateurs amassés sur le bord de la route et oui, je l’aperçois au début du long parcours vélo, c’est toujours bon pour le moral.

Le parcours vélo est constitué de 3 tours d’à peu près 60km avec un dernier tour plus court pour arriver à la T2 en ville. De longues lignes droites descendent tout d’abord vers le sud-ouest avec vent dans le dos. Arrivée à Punta Sur, ma moyenne est de 36km/h et ne me rendant pas compte de ce qui m’attend de l’autre côté de l’île, je garde en tête mon objectif des 34km/h de moyenne ce qui me permettrait pour une fois de ne pas rester si longtemps sur la selle…

Malheureusement, la donne n’est plus la même pour la remontée vers le nord sur la côte est avec un vent déjà bien établi de face. Ca promet pour les deux prochains tours et la moyenne diminue. Je comprends avec déception que l’objectif des 34km/h n’est pas tenable mais je me dis que tout le monde en bave sur cette portion. Je trouve les filles « hargneuses » (ou compétitrices tout simplement mais vu que ça m’énerve…) ; une fois doublées, elles accélèrent pour me redépasser puis ne plus avancer. Notre groupe d’âge est indiqué sur notre mollet droit, le mien (celui des femmes de 30 à 34 ans) est symbolisé par la lettre « Q ». Regarder la lettre sur le mollet droit devient mon premier réflexe quand j’aperçois une féminine !  Par contre, les chaussettes de compression empêchent cette identification.

Longue est la remontée face au vent donc mais tout le monde est logé à la même enseigne. Les ravitaillements sont bien organisés comme toujours sur Ironman excepté le coup des boissons énergétiques dans leurs bouteilles plastiques d’origine qui gigotent dans les portes-bidons.

Au virage vers l’ouest, nous retrouvons le vent dans le dos et mes voisins, voisines en profitent pour « envoyer du braquet » ; je me rends compte que ce n’est pas mon meilleur exercice. Je prends mon mal en patience mais ne termine pas le premier tour vélo avec de grandes ambitions pour la suite.

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Un petit passage en ville et c’est reparti.

Dans les longues lignes droites avec vent dans le dos, je ne tiens pas en position aéro très longtemps. Mince, cette position aéro tant testée… J’ai besoin de me redresser et de me mettre en danseuse pour me soulager le dos, ça promet pour les 100km restants ! Mais dépasser un groupe contenant 2/3 filles en prison me remonte le moral car ça drafte pas mal sur le parcours. Et je me rends compte que je m’en sors plutôt bien face au vent, je mouline plus que les autres filles et n’ai plus mal au dos ! Cela me rassure pour le 3ème tour, une fois passées les longues lignes droites vent dans le dos, je sais que la remontée face au vent jouera en ma faveur. Quelques unes des filles que j’ai doublées vent de face me redoublent tout de même vent dans le dos, en force. Je me force à manger mon cake salé.

Dernier tour, il faut tenir, quelques filles devant montrent des marques de faiblesse dont une PRO. Je les passe et ne les reverrai plus sur le vélo après la dernière remontée face au vent.

Je termine le vélo en bon état de forme. Par contre, les premiers pas à terre sont douloureux.

Les jeunes mexicaines reproposent crème solaire, coca, bananes lors de la T2.

30 novembre 2014 – vers 13h56

Une autre féminine s’est changée en même temps que moi, nous partons ensemble en course à pied mais elle part à un rythme effréné et oui, je lis bien, c’est un « Q » ! Tout ce que je peux faire en ce début de marathon, c’est essayer de tenir les 12km/h comme convenu avec Thomas Gazzerator mais c’est déjà dur. Quelques filles partent vraiment fort sur ce parcours de 3 allers-retours de 14km. Et je ne sais pas où je me place dans mon groupe d’âge.

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1er aller-retour :

Jeremy me trouve en fight avec une fille de mon groupe d’âge. Il m’engueule un peu, « Tu ne vas pas laisser ce gros « Q » devant ! ». Ca marche pour le retour, j’accélère.

Il y a des ravitaillements tous les kilomètres, dur pour moi qui aime bien « prendre mon p’tit déj » à chaque ravito !

Malheureusement, il n’y a pas de collier ni de bracelet pour indiquer le nombre d’allers-retours courus ce qui supprime tout moyen de connaître mon classement GA. Je crois comprendre me battre pour la 3ème place…

2ème aller-retour :

Repartir est difficile. Et le gros « Q » me repasse. « Je veux juste finir » maintenant même s’il me faut marcher. Faut dire que c’est un peu l’hécatombe sur ce parcours marathon. Il fait chaud. Mais la fréquence des ravitaillements permet de se rafraîchir souvent.

Jeremy m’accompagne en courant et en essayant de trouver des mots qui me reboostent. Au semi, je double définitivement gros « Q ». Je ne retrouverai un rythme potable et régulier que vers la fin du 2ème aller-retour en me disant « 14km… il ne me reste plus qu’un long footing ».

3ème aller-retour :

Cette pensée me fait tenir le dernier aller-retour à un bon rythme, rattrapant et doublant de nombreux « concurrents ». Je vois du monde boiter et, commençant à sentir mon mollet gauche (tennisleg lors de ma préparation, mi octobre), je me demande jusqu’où aller dans la douleur / blessure ? Quel prix faut-il payer pour finir cette course ? Heureusement, le corps tiendra et les jambes avaleront les derniers kilomètres, avec cette impression si unique de voler dans les 2 dernières bornes !

30 novembre 2014 – vers 17h45

Et non, je ne repars pas pour un tour, je prends bien le chemin de la ligne d’arrivée ! Je suis seule, ouf, pas de sprint, le speaker a le temps de parler de moi « française… Marie... tu es une Ironwoman !! »

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Comme encore aujourd’hui, je ne sais que penser de ma course, je sais juste que je suis contente d’être arrivée. Il est quasiment 18h, ça doit faire quelque chose comme 11 heures que j’ai pris le départ et je suis un peu déçue car cette perf ressemble un peu trop à celles d’avant ma coupure de 3 ans alors que j’estime que mon entraînement a été plus intensif et plus long (8 mois) histoire de ne pas louper le Retour. Peut-être qu’il me manquait mes acquis sur lesquels je me reposais avant…?

N’ayant pas trouvé les résultats, je m’endors avec l’espoir d’être 3ème « Q ». Je lis le lendemain matin être 6ème… tant pis pour Hawaii et vive les économies !

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Merci énormément pour votre soutien que j’ai surtout découvert le lendemain au réveil en cherchant les résultats ! Je suis fière d’être delphine et j’espère faire parler des Dauphins pendant un petit moment encore. 

Vive le challenge 2015 !!