Ironman Bolton 14 juillet 2019

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il y a 3 mois 5 jours - il y a 3 mois 5 jours #8652 par david
Réponse de david sur le sujet Ironman Bolton 14 juillet 2019
Sans savoir où elle se déroulerait, l'aventure Ironman a commencé il y a 7 ans avec ma première licence aux dauphins de l'Elorn.
Je savais que j'avais envie d'y aller et l'idée était de commencer par du S, enchaîner par du M puis du L pour arriver à du XL à un moment ou un autre.
Des soucis personnels et professionnels ont fait que les feux n'ont jamais tous été au vert jusqu'en 2019. Il ne restait plus qu'à faire un choix sur la destination.
Vitoria ? Nice ? Roth ? Bolton ? L'occasion de découvrir une partie de l'Angleterre que je ne connais pas et ne concevant l'Ironman que comme une opportunité de partager des vacances en famille, c'est donc sur Bolton que le choix s'oriente. En plus, Cactus s'est déjà positionné et, un peu plus tard, c'est un Guipavasien en la personne de Gillou qui s'y projette également. Let's go, c'est parti, la carte bleue a chauffé, il n'y a plus qu'à s'entraîner... 6 mois et demi qui se passent bien, le programme de Xavier Le Floch comme base. Seuls les quinze derniers jours sont pénibles, je suis physiquement et moralement épuisé, rempli de doutes surtout quant à ma capacité d'enchaîner un marathon après 180 km de vélo. Mes entraînements ne sont pas probants, j'ai vraiment du mal à courir après mes sorties longues. Les mots réconfortants des uns et des autres n'y font rien, j'ai vraiment peur de ne pas y arriver. En plus, j'étais persuadé que la distance n'était agrémenté que de 1500 m de dénivelé. Pour qui ? pour quoi ? je n'en sais toujours rien. J'ai surtout mal lu les informations d'avant course. Lorsque j'ai confirmation qu'il s'agit bien de 2500 m, je n'en mène pas large. Encore moins lorsque je reçois un message de Cactus m'informant que la reco qu'il a faite avec Gillou en voiture annonce un parcours vélo des plus costauds. De toute façon, ce n'est plus maintenant que je peux reculer ...
Avant la course, c'est donc vacances avec visite de Liverpool et Manchester notamment, deux villes qui valent vraiment le coup avec leurs lots d'architecture ancienne et nouvelle, leurs vies culturelles, leurs drogués, leurs "homeless", leurs travelots (certains du club auraient beaucoup aimé, pas de nom bien sûr).
Samedi arrive, déblocage le matin avant d'aller au briefing et de déposer son sac à T2. Mots réconfortants de cactus et Marino toujours appréciables mais je reste malgré tout tendu, les 2500 m me paraissent infranchissables. Comme par chez nous, discussion sur la tenue adéquat pour la course. Lorsque j'annonce à Gillou que je pense me changer intégralement à chaque transition, celui-ci me dit qu'une course se gagne dans ces moments de transition. J'ai bien souri lorsque j'ai vu son temps à T1, lui qui n'avait que sa combinaison à enlever avant d'enfourcher son vélo :)
Dimanche, levé du corps à 3h30, on se retrouve avec Gillou et Cactus sur le chemin nous menant au lac. On se sépare pour que chacun puisse vaquer à ses occupations, la principale étant d'aller aux toilettes pour évacuer ... un certain stress.
Je me place à mi-chemin entre les temps d'1h05 et d'1h15, God save the queen résonne et les premiers frissons apparaissent. Ensuite, tout va très vite, je me retrouve dans l'eau et il n'y a plus qu'à tourner les bras et battre des jambes. Moi qui n'aime pas la bagarre des débuts de course, je suis servi. Ce système de rolling start me va très bien, j'arrive à nager comme je l'aime et la partie natation se passe plutôt bien : 1h09 après le départ, je sors de l'eau et suis satisfait de mon début de course.
Une fois sur le vélo, les sensations sont également très bonnes. Ayant oublié ma ceinture cardio à Guipavas, je sais que je ne pourrais me fier qu'à mes sensations. Ce n'est pas forcément rassurant mais, de toute façon, je n'ai pas le choix. La première partie nous amène jusqu'à Bolton avant d'entamer les deux boucles du circuit principal. Je croise Gillou qui a déjà un bon quart d'heure sur moi et ce sera ensuite cactus qui me reprendra après 27 km de course (et non pas 20 comme il a eu la prétention de l'annoncer!).
C'est à ce moment que les premières difficultés arrivent : ça monte, ça descend, ça monte vraiment, ça descend un peu, ça monte longtemps, ça roule ... un circuit varié et des paysages vraiment agréables. Surtout, il y a des encouragements tout le long du circuit. C'est vraiment la fête pour les locaux : "keep going", "well done", keep pushing" sont les trois principales expressions que je ne cesse d'entendre. Si, en plus, tu as le malheur de remercier les spectateurs par un petit geste de la main, les encouragements sont démultipliés. Malgré la difficulté du parcours, je prends donc énormément de plaisir à parcourir les routes pourries du nord de Bolton. Encore plus lorsque l'on traverse une haie de spectateurs qui t'amènent la patate et qui te donnent envie de finir au plus vite pour savourer la biniouse qu'ils ont à la main, on trouve sa motivation où l'on peut...
C'est donc toujours frais dans la tête que je continue à avancer malgré les bosses et les jambes qui se font de plus en plus en dures lorsqu'il faut les solliciter pour grimper. J'arrive à T2 et j'ai le plaisir de retrouver ma girls team avant de rentrer au parc. Ca aussi, ça fait du bien parce que depuis quelques kilomètres, mes vieux démons me reprennent : Comment vont répondre mes jambes lorsque je mettrais pied à terre ? Et là, agréable surprise, courir dans le parc pour déposer le vélo ne me pose aucun problème, j'ai du mal à croire que je viens de faire 180 km à vélo. En plus, il n'y a pas beaucoup de vélos dans le parc, autre source de satisfaction.
Nouveau changement intégral, je demande en anglais à mes compagnons nudistes éphémères comment ils vont et là j'entends un gars me dire "tu es français toi? Ca fait du bien d'entendre parler français". Forcément, je lui réponds que je suis Breton et lui m'annonce qu'il est ... Marseillais. Petite pensée pour Pierre à ce moment là forcément ! Mes sensations d'après dépose du vélo sont validées dès les premires kilomètres, je me sens bien et sais dès à présent que je finirais (encore du conditionnel quand même) la course. Je pars trop vite à mon goût et commence donc à ralentir pour me baser sur du 6'00 au kilo. Les trois premiers tours se passent plutôt bien, on se croise régulièrement aux mêmes endroits avec Cactus et cela me rassure. Gillou me dépasse dans la bosse principale, il est vraiment fort le bougre. Un bracelet, puis deux, puis trois, le temps passe et je commence à toucher mon rêve du bout des pieds. C'est uniquement dans les 10 derniers kilomètres que les jambes vont lâcher. Je suis physiquement à bout mais la tête est toujours là. Chaque encouragement de ma girls team, de Marino et de Cathy sont une envie supplémentaire d'avancer pour franchir cette fucking finish line. Les pensées pour tous ceux qui me suivent à distance en sont une autre. Mathieu est aussi une source de motivation. J'ai mal mais ma douleur n'est qu'une information : Elle n'est rien par rapport à celle que d'autres peuvent endurer dans leur chair et dans leur âme. Je savoure la chance que j'ai d'être là et essaye d'en profiter au maximum. Une fois mon quatrième bracelet enfilé, je les montre à qui veut les voir et les encouragements n'en sont que plus intenses.
Dernier virage, une dernière pensée pour Mathieu en pointant le ciel avec les doigts et j'entends 5 mots magiques "David, you're an ironman".
Une belle journée de sport s'achève, beaucoup d'émotions et de sentiments se mélangent dans ma tête : C'est vraiment fini ? Je l'ai vraiment fait ? Mon corps et ma tête m'ont suivi jusque là ? C'est indescriptible mais je sais que c'est bon.
Merci à Laetitia de m'avoir permis de vivre ce dimanche 14 juillet hors du commun. Sans son soutien, ses efforts et surtout son amour, rien de tout cela n'aurait été possible. J'ai eu 5 mots magiques avant de franchir la ligne, je n'en aurais que trois pour toi : Je t'aime !
Merci à mes filles d'avoir été cool pendant ces six mois d'entraînement, je vais essayer de rattraper mes absences ... si vous me laissez escalader le mont ventoux pendant nos prochaines vacances.
Merci à toutes les personnes (famille et ami(e)s) qui m'ont encouragé à distance.
Merci au club dans son ensemble de nous permettre de vivre ces moments là dans les meilleurs conditions possibles.
Et, pour finir et pour paraphraser l'un de nos philosoophes contemporains du nom d'Antoine K., MERCI LA VIE !!!!!!!!!

PS : Au final, j'ai niqué le Marseillais qui m'avait pris pour un français.
Dernière édition: il y a 3 mois 5 jours par david.

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il y a 3 mois 4 jours #8654 par pierre_H
Réponse de pierre_H sur le sujet Ironman Bolton 14 juillet 2019
Bravo David ! Très belle course et non moins recit ;-)

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il y a 3 mois 4 jours #8659 par benoit
Réponse de benoit sur le sujet Ironman Bolton 14 juillet 2019
Impec David !
Superbe course ! Superbe récit !
Vraiment sympa tout ça.

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il y a 3 mois 4 jours #8662 par agnes
Réponse de agnes sur le sujet Ironman Bolton 14 juillet 2019
Belle prose David! bravo you're the best!

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il y a 3 mois 1 jour #8686 par jerome
Réponse de jerome sur le sujet Ironman Bolton 14 juillet 2019
Super Récit David. C'est trop cool de lire ces CR

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il y a 1 mois 2 semaines #9005 par yann_J
Réponse de yann_J sur le sujet Ironman Bolton 14 juillet 2019
Salut Nanard, Cactus,
Je rebondis suite au message de Rustine.
Désolé Bernard de ne pas avoir répondu à ton message plus tôt.
C'est dommage que tu nous quittes aussi. Comme je l'ai dit à Rustine, c'est vraiment l'hécatombe.
Tu vas nous manquer, surtout dans les lignes d'eau en natation :):):)
Merci pour toutes ces années, merci pour ta bonne humeur, merci pour tes bons plans et ton sens de l'organisation (ça y est je suis mélancolique....). On aura quand même passé de bons moments ensemble, Lanza, Vitoria ou encore Embrun.
Tu pars la tête haute, que d'exploits pendant toutes ces années. Bravo à toi et bravo pour cette dernière course: un vrai guerrier.
A bientôt et j'espère que c'est le dernier à nous annoncer son départ.

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